Posted by Alain LEPRESLE No comments

L’histoire géologique de Moorea commence dans des temps immémoriaux, à l’époque où les continents se séparaient, les plaques tectoniques se percutaient, les volcans émergeaient en crachant leur lave incandescente. Dans l’immensité du Pacifique, ce que les géologues appellent de nos jours des dorsales, se soulevèrent du fond des océans donnant naissance à d’immenses chaînes volcaniques s’étendant du continent américain à l’Asie, qui sont parvenus jusqu’à nous sous forme d’îles ou d’atolls, selon leur ancienneté. La barrière de corail est la résultante de la colonisation par les coraux des premières pentes faiblement immergées du volcan. Pour survivre, ces coraux doivent bénéficier de température, d’oxygénation et de lumière exclusivement présentes dans les eaux tropicales de faible profondeur. Entamant une patiente et éternelle guerre de survie contre le temps qui voit s’enfoncer le volcan aussi lentement qu’inexorablement dans les profondeurs de l’océan, les coraux bâtisseurs croissent verticalement pour rester en surface comme le font les immenses arbres des forêts équatoriales qui s’élancent vers la canopée à la recherche de la lumière et de la chaleur vitales du soleil. C’est ainsi que se constitue, à différents stades d’évolution, la barrière de corail et récifale qui encercle l’île principale. Les passes sont les chenaux de communication avec l’océan. Ils représentent les canaux naturels par lesquels s’écoulaient les torrents qui descendaient des pentes du volcan en des temps très éloignés, beaucoup plus chauds et pluvieux, déposant ainsi des alluvions au fond d’un lagon dans lequel la croissance des madrépores, polypiers calcaires bâtisseurs de coraux, étaient rendue totalement impossible. Les ho’a polynésiens ne sont que de fausses passent dans lesquelles la tentative de torrents moins virulents de rejoindre la mer s’est avérée vaine. Ils constituent aujourd’hui, notamment dans l’archipel des Tuamotu, autant de lieux d’exploration sous-marines et de baignade fort appréciés des touristes.

Extrait du livre « Bora Bora, la première née » de Alain LEPRESLE paru aux éditions API TAHITI.

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