Posted by Alain LEPRESLE No comments

Bien avant de doter l’homme du don de l’écriture, les dieux du panthéon océanien lui ont enseigné de multiples formes de communication dont la plus singulière reste bien le tatouage, e patu tiki. A une époque où la mondialisation procède à un indécent nivellement culturel, la résurgence du tatouage représente bien la partie la plus visible d’un profond besoin d’affirmation identitaire. Si personne ne pourra jamais lire au fond d’un cœur maoh’i, chacun pourrait tenter de décrypter la légende tatouée sur sa peau. A l’inverse de l’histoire, on ne la changera jamais par commodité, elle ne mentira à personne et transportera pour toujours, dans le silence de l’esthétisme de ses motifs toute la richesse des secrets qui dorment au fond de son âme. Se faire tatouer est pour un polynésien une sorte de second baptême, païen celui-là, ressenti comme un irrépressible appel ancestral. Plus profondément pénétrera l’huile de de noix de bancoul, plus durable sera la conviction que votre mana ne vous quittera jamais plus sur cette terre où chacun recherche en vain sa propre conception de l’équilibre entre profane et sacré, tradition et modernité. Aujourd’hui, des enfants naissent en Polynésie. Feront-ils le choix d’arborer fièrement sur leur peau cuivrée le message transmis par leurs ancêtres ? A chacun, le moment venu, la découverte ou l’ignorance.

Extrait du livre « Bora Bora, la première née » de Alain LEPRESLE paru aux éditions API TAHITI.

1 Like

Comments: 0

There are not comments on this post yet. Be the first one!

Leave a comment